vendredi 23 juillet 2010

Jeunesse toujours

Pourquoi est-ce bon ton dans notre société
de croire mordicus tout bon ou exécrable:
la jeunesse, toujours, férue de liberté
a su forger un sens à son déraisonnable.

Lorsque les plus anciens, leurs lourds sabots aux pieds,
allaient mener bestiaux paître dans les pacages,
filles à la maison, trousseaux se complétaient,
et drôles ingénieux abattaient de l’ouvrage.
Les jeunes gens rêvaient aux contes de leurs vieux,
prés de l’âtre, le soir, conjurant la froidure
d’un dur hiver vêtu d’un manteau blanc poudreux,
lorsque bise siflait là-haut dans les ramures.
Filles à la messe, garçons au cabaret,
guindés le dimanche dans des habits trop raides,
attendaient les flonflons du bal d’apres dîner,
timides ou nerveux, hardis, jolies ou laides.

Puis les guerres sont là, fauchant comme ouragan
les jeunes épis verts qui ne peuvent comprendre
qu’une fleur au fusil puisse rapidement
passer du bleu au rouge et flétrir sans attendre.


Tous s’en sont bien allés mais d’autres sont venus,
amours divers au coeur et musiques en tête,
pensant changer le monde et une fois de plus
croire comme leurs vieux que demain sera fête.
Ils sont mûrs aujourd’hui, ont grandi dans la paix,
pensent encor parfois à ces lointaines guerres
que leurs pères damnés ont porté comme faix
tout vieillis et blanchis, malgré eux forfaitaires.

Les doigts sur le clavier et le portable en main,
surfent sur internet, lancent des S.M.S.
zappant sur la télé en recherchant en vain
l’endroit où se poser sans connaître d’adresse.
Ils sont déniaiser bien plus tôt que parents,
les filles sont hardies, connaissant la pillule
et les garçons osés dans leur comportement
sont toujours comme avant tout aussi ridicules.
Ils pensent tout connaître et bien sûr tout savoir,
tout comme leurs parents en leur tendre jeunesse,
mais malgré leurs progrés, études et avoir,
sont eux aussi roulés avec belle allgresse
par les heurts de la vie sans aucune tendresse.

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