Par une nuit sans lune
de froidure et de vent
à l’entour de Noêl
j’eus honte de savoir
où me portaient mes pas
dans la maison bien close
au lit douillet profond
où tu dormais déjà
pure sereine et nue.
Tous me tendaient leurs mains
avec des yeux trop grands
et des ventres trop creux.
Tous gémissaient faiblement
comme bise sous la tuile
en martelant leurs ombres frêles
de leurs pieds nus rougis
tout glacés par la neige
autour d’un brasero mourant.
J’eus honte de passer
tout raide d’égoïsme
cuirassé de morale
les lèvres pincées
devant les souffreteux.
J’eus honte de me vautrer
dans la tièdeur des draps
dans l’odeur de ta chair
et du contact des cuisses.
J’eus honte de m’assoupir
aprés t’avoir baisée
dans les plis de ton cou
aprés avoir posé
ma main sur ta hanche.
J’eus honte ....
et puis c’est tout.
On oublie si vite !
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