Par ton retour inopiné,la surprise fut grande chez tes parents et amis.La belle fugitive revenait vers eux alors qu’une dizaine d’années auparavant,ils l’avaient vu partir la tête haute et le regard insolent,vers un ailleurs dont elle espérait qu’il fût apte à reconnaître ses mérites.Mais voilà,la vie est ainsi faite,pleine d’espérance et de déceptions et ces années passées loin de tes racines à rechercher en vain l’impalpable réel d’un rêve d’adolescente, avaient usé,laminé puis anéanti cet espoir.
Tête basse et regard au sol,tu reparaîs devant les tiens qui,trompés par le contenu de tes missives,écrits dithyrambiques sur tes soi-disant succés et la belle vie menée,étaient à cent lieues de penser te revoir si tôt.Peureux,ton regard se lève lentement sur ceux qui te prenaient pour une reine mais ne voient plus qu’une gloire déchue,pour y quêter un début de pardon,un soupçon de compassion ou un trouble léger.Mais foin des attendrissements,ils ne sont plus de circonstance et tous ceux qui sont là,devant toi, prenant des attitudes viriles démenties par des regards obliques,veulent se camper en accusateurs et en juges.
Quoi ? le pardon,les bras ouverts ?Ah,non,par exemple,tu en demandes trop.Bien au contraire,le temps est venu de régler certains comptes; souviens-toi,la jalousie croissait en eux au fur et à mesure qu’ils s’apercevaient de leur incapacité à savoir rêver comme toi; ton imagination débordante les fascinait et les apeurait tout à la fois,où allais-tu chercher tout cela ?Leur réconfort était de penser que lorsqu’on est sain de corps et d’esprit,et que de surcroît on travaille,on ne peut pas,on n’a pas le temps de rêver.Ensuite,ton départ les avait blessés et mortifiés,car tu réalisais ce que la plupart d’entre eux n’avaient pas pu ou n’avaient pas eu le courage d’entreprendre.Enfin,tes écrits mensongers qui,à leurs yeux,matérialisaient ton rêve et qui en faisaient dans une certaine mesure le leur,rassérénaient leurs propres envies.Ils n’ont pas su rêver,ils n’ont pas su partir mais réalisent en te revoyant,qu’à travers toi,ils n’ont pas su réussir.Que crois-tu donc qu’il puisse leur rester ?
Le verdict est sans appel et implacable:tu n’es plus leur fille,tu n’es plus leur amie.Personne ne t’as connue,plus personne ne te connais dès lors que tu es redevenue semblable à eux.Songe que pendant ton absence,ta réussite rejaillissait sur leur personne,que l’aura dont ils te voyaient baignée embellissait leur existence;ils s’en gargarisaient,s’en glorifiaient.Ton retour assez misérable leur fiche tout par terre:illusions,réussites,fanfaronnades.Ils ne pourront plus plastronner ni pour la galerie,ni pour eux-mêmes.Tous ces hommes et femmes ressentent un immense dépit car ils voient s’évanouir,avec ton rêve irréalisé,leur propre fantasme,l’unique que jamais ils aient eu dans leur bien triste vie.
Cesse de les implorer et abaisse ta main pour caresser l’échine de celui qui déjà depuis un bon bout de temps,froufroute dans ta jupe et qui,finalement,est le seul à se réjouir de ton retour et à te faire fête:ton chien.Lui,ne voit dans ta présence si longuement espérée que ta tendresse passée et tes caresses à venir.
Tête basse et regard au sol,tu reparaîs devant les tiens qui,trompés par le contenu de tes missives,écrits dithyrambiques sur tes soi-disant succés et la belle vie menée,étaient à cent lieues de penser te revoir si tôt.Peureux,ton regard se lève lentement sur ceux qui te prenaient pour une reine mais ne voient plus qu’une gloire déchue,pour y quêter un début de pardon,un soupçon de compassion ou un trouble léger.Mais foin des attendrissements,ils ne sont plus de circonstance et tous ceux qui sont là,devant toi, prenant des attitudes viriles démenties par des regards obliques,veulent se camper en accusateurs et en juges.
Quoi ? le pardon,les bras ouverts ?Ah,non,par exemple,tu en demandes trop.Bien au contraire,le temps est venu de régler certains comptes; souviens-toi,la jalousie croissait en eux au fur et à mesure qu’ils s’apercevaient de leur incapacité à savoir rêver comme toi; ton imagination débordante les fascinait et les apeurait tout à la fois,où allais-tu chercher tout cela ?Leur réconfort était de penser que lorsqu’on est sain de corps et d’esprit,et que de surcroît on travaille,on ne peut pas,on n’a pas le temps de rêver.Ensuite,ton départ les avait blessés et mortifiés,car tu réalisais ce que la plupart d’entre eux n’avaient pas pu ou n’avaient pas eu le courage d’entreprendre.Enfin,tes écrits mensongers qui,à leurs yeux,matérialisaient ton rêve et qui en faisaient dans une certaine mesure le leur,rassérénaient leurs propres envies.Ils n’ont pas su rêver,ils n’ont pas su partir mais réalisent en te revoyant,qu’à travers toi,ils n’ont pas su réussir.Que crois-tu donc qu’il puisse leur rester ?
Le verdict est sans appel et implacable:tu n’es plus leur fille,tu n’es plus leur amie.Personne ne t’as connue,plus personne ne te connais dès lors que tu es redevenue semblable à eux.Songe que pendant ton absence,ta réussite rejaillissait sur leur personne,que l’aura dont ils te voyaient baignée embellissait leur existence;ils s’en gargarisaient,s’en glorifiaient.Ton retour assez misérable leur fiche tout par terre:illusions,réussites,fanfaronnades.Ils ne pourront plus plastronner ni pour la galerie,ni pour eux-mêmes.Tous ces hommes et femmes ressentent un immense dépit car ils voient s’évanouir,avec ton rêve irréalisé,leur propre fantasme,l’unique que jamais ils aient eu dans leur bien triste vie.
Cesse de les implorer et abaisse ta main pour caresser l’échine de celui qui déjà depuis un bon bout de temps,froufroute dans ta jupe et qui,finalement,est le seul à se réjouir de ton retour et à te faire fête:ton chien.Lui,ne voit dans ta présence si longuement espérée que ta tendresse passée et tes caresses à venir.
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