Je redeviens enfant, crois être une hirondelle
messagère de paix en ce tout nouvel an,
pensant vous apporter, volant à tire-d’aile
mon coeur gonflé d’amour généreux et ardent.
Il vient du Paradis, on voit encore ses plumes
toutes frémissantes d’avoir touché le Beau
et dans sa tête d’ange, en secret se rallument
des étoiles, des feux, des amours et des mots.
Si mon ange gardien, bien assis sur ma couche,
a veillé avec soin mes sommeils peu sereins,
il a aussi chassé les démons et les mouches
de mon chemin montant, d’un geste de la main.
Si le grand méchant loup un jour en moi s’éveille,
le matin ou le soir, à midi, au repas,
mon ange arrive alors, me suit et me surveille
en redressant ma course, en assurant mes pas.
Frêles sont les trésors des enfants et des anges,
exploités tous les jours à l’endroit, à l’envers,
mais qu’à la nuit venue on referme et l’on range,
de peur qu’ils ne s’enfuient de ce monde pervers.
Aussi je vous rassure en étant bien précis.
Oui, l’enfant tout joyeux s’est noyé dans mon ombre.
Oui l’ange protecteur est mort de mes soucis,
mais l’oiseau dans mon coeur fait son nid sans encombre.
Lui et moi, désormais, vivrons ensemble ainsi.
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