Je redeviens enfant, crois être une hirondelle
messagère de paix en ce tout nouvel an,
pensant vous apporter, volant à tire-d’aile
mon coeur gonflé d’amour généreux et ardent.
Il vient du Paradis, on voit encore ses plumes
toutes frémissantes d’avoir touché le Beau
et dans sa tête d’ange, en secret se rallument
des étoiles, des feux, des amours et des mots.
Si mon ange gardien, bien assis sur ma couche,
a veillé avec soin mes sommeils peu sereins,
il a aussi chassé les démons et les mouches
de mon chemin montant, d’un geste de la main.
Si le grand méchant loup un jour en moi s’éveille,
le matin ou le soir, à midi, au repas,
mon ange arrive alors, me suit et me surveille
en redressant ma course, en assurant mes pas.
Frêles sont les trésors des enfants et des anges,
exploités tous les jours à l’endroit, à l’envers,
mais qu’à la nuit venue on referme et l’on range,
de peur qu’ils ne s’enfuient de ce monde pervers.
Aussi je vous rassure en étant bien précis.
Oui, l’enfant tout joyeux s’est noyé dans mon ombre.
Oui l’ange protecteur est mort de mes soucis,
mais l’oiseau dans mon coeur fait son nid sans encombre.
Lui et moi, désormais, vivrons ensemble ainsi.
lundi 21 décembre 2009
lundi 14 décembre 2009
Il suffit...
Il suffit qu’un air pur
emplisse les poumons
pour se sentir léger
invincible et meilleur.
Il suffit d’écouter
et de lire les autres
d’en rejeter l’ivraie
d’en garder le bon grain.
Il suffit d’espérer
avec en plus des rêves
pour ne pas s’enliser
en des chemins étroits.
Il suffit de tendre une main
vers une main craintive
pour qu’un chaînon se forme
de force et d’amitié.
Il suffit d’un oiseau
chantant en solitaire
pour qu’un air de musique
par le vent l’accompagne.
Il suffit d’un sourire
sur la bouche édentée
pour que des lèvres anciennes
donnent envie au baiser.
Il suffit de mots doux
prononcés à mi-voix
pour que fondent des coeurs
en de troublants émois.
Il suffit d’un enfant
qui joue tout en riant
pour qu’un monde de plomb
devienne un monde en or.
emplisse les poumons
pour se sentir léger
invincible et meilleur.
Il suffit d’écouter
et de lire les autres
d’en rejeter l’ivraie
d’en garder le bon grain.
Il suffit d’espérer
avec en plus des rêves
pour ne pas s’enliser
en des chemins étroits.
Il suffit de tendre une main
vers une main craintive
pour qu’un chaînon se forme
de force et d’amitié.
Il suffit d’un oiseau
chantant en solitaire
pour qu’un air de musique
par le vent l’accompagne.
Il suffit d’un sourire
sur la bouche édentée
pour que des lèvres anciennes
donnent envie au baiser.
Il suffit de mots doux
prononcés à mi-voix
pour que fondent des coeurs
en de troublants émois.
Il suffit d’un enfant
qui joue tout en riant
pour qu’un monde de plomb
devienne un monde en or.
lundi 7 décembre 2009
Donner pour recevoir
J’éponge ma vie au jour le jour aprés avoir cherché en vain le principal que je savais être dans l’amande et non dans l’écorce.J’ai bien essayé de me sortir du puits mais c’était tiré par les cheveux et mes efforts furent inutiles.Aussi,ai-je bien souvent songé à me tourner le dos.Si,faisant face à mon miroir,je n’apercevais qu’un masque incapable de répondre à mes questions,ou n’entrevoyais qu’un pâle reflet,mon trouble et mon incertitude grandissaient.
J’allais ainsi,pensant qu’il y aurait toujours des riches et des pauvres,des décorés et des tondus,mais espérant qu’un jour sans doute,les rôles seraient inversés.Mes pieds,bien ancrés dans leurs souliers de poussière,le nez levé et retroussé pour sentir d’où venait le vent et jouir ensuite de ce qu’il apportait,combien de fois ai-je pris ma vie à bras le corps,tout en donnant un chèque en blanc à la Mort.L’ennui,cette araignée silencieuse qui tisse sans fin sa toile,a piégé les mots que je n’ai pas su attendre,entendre et reconnaître.Seuls,certains,bien rares,ont su me piquer et me brûler.Mes textes sont restés longtemps,trop longtemps sur le feu et n’ont pu que s’envoler en fumée et devenir de pauvres et tristes cendres grises et froides.
Je n’ai pas osé prendre du recul,par lassitude ou paresse sans doute,afin de scruter mon sommeil devenu insomnie et d’analyser mes rêves d’enfant transmués en cauchemars d’adulte.Pauvre idiot,qui,par intermittence se reculait et se déplaçait pour se regarder écrire.Narcisse qui croyait apercevoir la Vérité dans le miroir aux alouettes de l’Art,c’est-à-dire ses propres traits.Pourtant,si j’avais un tant soit peu observé,je me serais rendu compte que mon regard ne décelait aucun autre regard,mais seulement un vide immense et insondable.
Ma vie,ma vérité,sont changeantes et sont comme les femmes qui ne se mettent plus nues elles-mêmes mais que l’on déshabille lentement.
Pour autant,tout peut encore changer,car il est beaucoup plus glorieux de construire que de détruire,et si l’on ne boit pas de vin,on ne peut en manquer.Aussi,mon naturel revenant au galop,je ne veux pas feindre sur mon visage des sentiments que mon coeur ne partage pas.N’est-il point vrai que si certains rient,d’autres pleurent,mais que tous disparaîtront ? Pourquoi vouloir se distinguer et espérer en tirer vanité,en mettant en scène et en les glorifiant ses propres défauts ?Le bonheur existe,et si petite que soit sa trace,on n’a pas le droit de l’ignorer,de ne pas la suivre et la partager.Fermez les yeux pour la tenir au chaud et regardez autour de vous;ne sont-ils pas nombreux ceux qui bossent et ceux qui y croient ? Les autres,ceux qui rament comme des forcenés,les largués,il faut que par toutes nos facultés,toutes nos envies,toutes nos énergies et par tous les moyens que nous pouvons,que nous devons inventer,les aider à se raccrocher au petit bout de fil ténu qui traîne encore ici ou là.
J’ai un nouveau voisin qui transforme et rénove l’intérieur de sa maison,nouvellement acquise;il entrecoupe ses coups de masse ou de burin par des coups de cymbales,alors que sa compagne joue une fugue au piano.Ils paraissent heureux,car de temps à autre ils font une pause pour se bécoter tendrement.Hier,ou avant-hier,est-ce que le temps compte,des musiciens jouaient aux carrefours et sur les places publiques,des bandas parcouraient bruyamment les rues en faisant éclater leurs cuivres;la “truite”, de Schubert,était reprise en choeur par des groupes de jeunes poursuivant leurs études et qui abordaient les passants tout surpris,en leur offrant diverses friandises et en leur récitant des quatrains légers.Des chiens tiraient sur les laisses pour entraîner leurs maîtres vers les sanisettes canines,laissant ainsi la possibilité aux amateurs de belle architecture,de pouvoir enfin lever les yeux vers les balcons,balustrades,corniches et frontons fraîchement ravalés.Toilettage des immeubles,réfection des artères bordées d’une double rangée d’arbres à fleurs,curetage du fleuve et de ses berges,enfin débarrassés de tous les immondices et carcasses rouillées.Tout est net,propre,sent bon,et l’angélique de l’estuaire peut prospérer dans les marais et tout au long des rives alors qu’on la disait en voie de disparition.Les enfants occupent royalement les larges trottoirs transformés en aires de jeux et font naviguer sur les eaux pures et limpides des caniveaux,de frêles embarcations de papier.Les roucoulements des pigeons amoureux,se rengorgeant devant les orifices de leurs colombiers spécialement édifiés à leur intention,concurrencent les roucoulades plus langoureuses des tourterelles sédentaires.Ces plaintes, douces et monotones,accompagnent les pas légers des piétons qui musardent et fredonnent,ayant le temps pour eux et même l’éternité.Aujourd’hui encore,un des rares automobilistes circulant en centre ville,roulant à faible allure de conserve avec un cycliste,tout en échangeant des propos amènes, s’arrêta et d’un large sourire accompagné d’un grand geste affable,me fit signe de traverser.Plus loin,un couvreur à l’ouvrage a garni son échelle et son échafaudage,de guirlandes de lierre et de chèvrefeuille toutes piquetées de boutons de roses,invitant ainsi les passants à franchir un véritable arc de triomphe fleuri.Les garçonnets aident les personnes âgées à porter leurs cabas et les fillettes font franchir les carrefours aux cannes blanches.
En fin de matinée,je décide de prendre le tramway silencieux et non polluant,peint d’un ton pastel différent pour chaque ligne,ce qui me fait songer aux collections rose,verte,pourpre et or de mon enfance,afin de me déposer dans la proche banlieue,où de modestes bâtiments de deux étages seulement sont noyés dans la verdure,les fleurs et les jets-d’eau.De petits squares,ou simplement des jardins puérils tout trempés de rosé,où des arbres,des kiosques,des chaises à la Peynet,et des massifs frais et tendres comme des aquarelles,vous accueillent pour un instant de repos ou une minute de méditation.Hâvres de paix piquetant la ville et ses environs,où il fait bon respirer un air pur et embaumé.En observant mieux,on peut se rendre compte que chaque immeuble tourne sur lui-même à la façon des tournesols,de façon à exposer en permanence la partie la plus habitée aux rayons du soleil, en suivant sa course.
Où suis-je,qui suis-je ? Je me sens tout à coup honteux de ne pas avoir à m’inquiéter du lendemain et pense que rien n’est plus faux qu’un rire qui se force.Le bonheur coule entre mes doigts écartés de mes mains percées.Je tombe mon habit de lumière et revêts les hardes de la mendicité;je vous en conjure,chèvres barbues,ne sautez pas de désapprobation,vous allez exciter les boucs inquiets.Je prends ma tête entre les mains;j’ai tout faux;je n’y connais rien et “il n’y a pas de liberté pour l’ignorant *.Je suis ligoté au totem de la bêtise.
.....ils trouvèrent l’homme désarmé,sans garantie ni occupation,corrompu par la masse,perdu parmi les siens,”sachant que sa vie ne serait pas vraie si elle n’était pas ajustée à l’imminence de la Mort ** Connaissant que ce qui est rare est précieux,du fond de son être,par atavisme peut-être,par amour sûrement,l’homme sentit monter à ses lèvres un refrain que,tout jeune,il entendait fredonner à son père lorsque ce dernier avait des ennuis.Son coeur se pinça au souvenir de ses parents et il se mit à chanter:
“J’emmerde les gendarmes,là-haut, là-haut,
j’emmerde les gendarmes et.................
Rien n’est jamais perdu d’avance,et comme le dit le proverbe espagnol:
“No hay mal que por bien no venga” ***
* Condorcet ** Malraux *** Tout est bien qui finit bien
J’allais ainsi,pensant qu’il y aurait toujours des riches et des pauvres,des décorés et des tondus,mais espérant qu’un jour sans doute,les rôles seraient inversés.Mes pieds,bien ancrés dans leurs souliers de poussière,le nez levé et retroussé pour sentir d’où venait le vent et jouir ensuite de ce qu’il apportait,combien de fois ai-je pris ma vie à bras le corps,tout en donnant un chèque en blanc à la Mort.L’ennui,cette araignée silencieuse qui tisse sans fin sa toile,a piégé les mots que je n’ai pas su attendre,entendre et reconnaître.Seuls,certains,bien rares,ont su me piquer et me brûler.Mes textes sont restés longtemps,trop longtemps sur le feu et n’ont pu que s’envoler en fumée et devenir de pauvres et tristes cendres grises et froides.
Je n’ai pas osé prendre du recul,par lassitude ou paresse sans doute,afin de scruter mon sommeil devenu insomnie et d’analyser mes rêves d’enfant transmués en cauchemars d’adulte.Pauvre idiot,qui,par intermittence se reculait et se déplaçait pour se regarder écrire.Narcisse qui croyait apercevoir la Vérité dans le miroir aux alouettes de l’Art,c’est-à-dire ses propres traits.Pourtant,si j’avais un tant soit peu observé,je me serais rendu compte que mon regard ne décelait aucun autre regard,mais seulement un vide immense et insondable.
Ma vie,ma vérité,sont changeantes et sont comme les femmes qui ne se mettent plus nues elles-mêmes mais que l’on déshabille lentement.
Pour autant,tout peut encore changer,car il est beaucoup plus glorieux de construire que de détruire,et si l’on ne boit pas de vin,on ne peut en manquer.Aussi,mon naturel revenant au galop,je ne veux pas feindre sur mon visage des sentiments que mon coeur ne partage pas.N’est-il point vrai que si certains rient,d’autres pleurent,mais que tous disparaîtront ? Pourquoi vouloir se distinguer et espérer en tirer vanité,en mettant en scène et en les glorifiant ses propres défauts ?Le bonheur existe,et si petite que soit sa trace,on n’a pas le droit de l’ignorer,de ne pas la suivre et la partager.Fermez les yeux pour la tenir au chaud et regardez autour de vous;ne sont-ils pas nombreux ceux qui bossent et ceux qui y croient ? Les autres,ceux qui rament comme des forcenés,les largués,il faut que par toutes nos facultés,toutes nos envies,toutes nos énergies et par tous les moyens que nous pouvons,que nous devons inventer,les aider à se raccrocher au petit bout de fil ténu qui traîne encore ici ou là.
J’ai un nouveau voisin qui transforme et rénove l’intérieur de sa maison,nouvellement acquise;il entrecoupe ses coups de masse ou de burin par des coups de cymbales,alors que sa compagne joue une fugue au piano.Ils paraissent heureux,car de temps à autre ils font une pause pour se bécoter tendrement.Hier,ou avant-hier,est-ce que le temps compte,des musiciens jouaient aux carrefours et sur les places publiques,des bandas parcouraient bruyamment les rues en faisant éclater leurs cuivres;la “truite”, de Schubert,était reprise en choeur par des groupes de jeunes poursuivant leurs études et qui abordaient les passants tout surpris,en leur offrant diverses friandises et en leur récitant des quatrains légers.Des chiens tiraient sur les laisses pour entraîner leurs maîtres vers les sanisettes canines,laissant ainsi la possibilité aux amateurs de belle architecture,de pouvoir enfin lever les yeux vers les balcons,balustrades,corniches et frontons fraîchement ravalés.Toilettage des immeubles,réfection des artères bordées d’une double rangée d’arbres à fleurs,curetage du fleuve et de ses berges,enfin débarrassés de tous les immondices et carcasses rouillées.Tout est net,propre,sent bon,et l’angélique de l’estuaire peut prospérer dans les marais et tout au long des rives alors qu’on la disait en voie de disparition.Les enfants occupent royalement les larges trottoirs transformés en aires de jeux et font naviguer sur les eaux pures et limpides des caniveaux,de frêles embarcations de papier.Les roucoulements des pigeons amoureux,se rengorgeant devant les orifices de leurs colombiers spécialement édifiés à leur intention,concurrencent les roucoulades plus langoureuses des tourterelles sédentaires.Ces plaintes, douces et monotones,accompagnent les pas légers des piétons qui musardent et fredonnent,ayant le temps pour eux et même l’éternité.Aujourd’hui encore,un des rares automobilistes circulant en centre ville,roulant à faible allure de conserve avec un cycliste,tout en échangeant des propos amènes, s’arrêta et d’un large sourire accompagné d’un grand geste affable,me fit signe de traverser.Plus loin,un couvreur à l’ouvrage a garni son échelle et son échafaudage,de guirlandes de lierre et de chèvrefeuille toutes piquetées de boutons de roses,invitant ainsi les passants à franchir un véritable arc de triomphe fleuri.Les garçonnets aident les personnes âgées à porter leurs cabas et les fillettes font franchir les carrefours aux cannes blanches.
En fin de matinée,je décide de prendre le tramway silencieux et non polluant,peint d’un ton pastel différent pour chaque ligne,ce qui me fait songer aux collections rose,verte,pourpre et or de mon enfance,afin de me déposer dans la proche banlieue,où de modestes bâtiments de deux étages seulement sont noyés dans la verdure,les fleurs et les jets-d’eau.De petits squares,ou simplement des jardins puérils tout trempés de rosé,où des arbres,des kiosques,des chaises à la Peynet,et des massifs frais et tendres comme des aquarelles,vous accueillent pour un instant de repos ou une minute de méditation.Hâvres de paix piquetant la ville et ses environs,où il fait bon respirer un air pur et embaumé.En observant mieux,on peut se rendre compte que chaque immeuble tourne sur lui-même à la façon des tournesols,de façon à exposer en permanence la partie la plus habitée aux rayons du soleil, en suivant sa course.
Où suis-je,qui suis-je ? Je me sens tout à coup honteux de ne pas avoir à m’inquiéter du lendemain et pense que rien n’est plus faux qu’un rire qui se force.Le bonheur coule entre mes doigts écartés de mes mains percées.Je tombe mon habit de lumière et revêts les hardes de la mendicité;je vous en conjure,chèvres barbues,ne sautez pas de désapprobation,vous allez exciter les boucs inquiets.Je prends ma tête entre les mains;j’ai tout faux;je n’y connais rien et “il n’y a pas de liberté pour l’ignorant *.Je suis ligoté au totem de la bêtise.
.....ils trouvèrent l’homme désarmé,sans garantie ni occupation,corrompu par la masse,perdu parmi les siens,”sachant que sa vie ne serait pas vraie si elle n’était pas ajustée à l’imminence de la Mort ** Connaissant que ce qui est rare est précieux,du fond de son être,par atavisme peut-être,par amour sûrement,l’homme sentit monter à ses lèvres un refrain que,tout jeune,il entendait fredonner à son père lorsque ce dernier avait des ennuis.Son coeur se pinça au souvenir de ses parents et il se mit à chanter:
“J’emmerde les gendarmes,là-haut, là-haut,
j’emmerde les gendarmes et.................
Rien n’est jamais perdu d’avance,et comme le dit le proverbe espagnol:
“No hay mal que por bien no venga” ***
* Condorcet ** Malraux *** Tout est bien qui finit bien
vendredi 4 décembre 2009
Amandine
Voici déjà trois mois qu’il couraille Amandine.Rencontrée à la F.N.A.C. faisant la queue derrière lui à la caisse n°2, tenant à la main le dernier roman de Françoise Parturier;”Le sexe des anges”,alors qu’il en présentait lui-même à la caissière un autre exemplaire.Leurs regards se croisèrent aprés avoir instinctivement balayé leur achat respectif et,ensemble,soudainement éclatèrent de rire sur cette coïncidence de lecture future,alors qu’en fait,il n’y avait rien d’extraordinaire à ce que dans une grande libraireie,deux exemplaires d’un même ouvrage soient achetés simultanément.
_Vous êtes ensemble ? leur demanda gentiment la caissière.
_Oui,répondit la jeune fille spontanément, mais on en veut deux .
L’employée parut ne pas bien saisir la réflexion,pas plus que lui d’ailleurs et la fille ajouta de façon sibylline:
_Il est préférable de posséder chacun le sien, on ne sait jamais.Voulait-elle parler du bouquin,d’un ange ou du sexe ? Ils sortirent ensemble et furent agressés par le souffle d’un petit vent aigre-doux de fin d’hiver qui s’engouffrait dans l’interminable et étroite rue Sainte-Catherine. Il demanda:
_Je t’offre un pot ?
_J’ai une demi-heure devant moi.C’était sa manière de répondre oui.Devant une “pression” et un chocolat,la conversation fut des plus banale.Il voulait être brillant mais ne réussit qu’à friser la muflerie.
_Comme ça, tu t’intéresses au sexe ?
_Disons plutôt à l’anatomie mâle. Si bavard à l’ordinaire, il ne sut que répondre car pris de court. La demi-heure écoulée, elle se leva, fit un petit signe de la main.
_Ciao !
Quelques jours plus tard il la revit à la Bibliothèque Municipale. Il feuilletait un recueil d’Aragon et balbutiait, paupières baissées et le coeur pincé par l’émotion, une strophe par ci, un quatrain par là:
Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
j’ai vu tous les soleils y venir s’y mirer....
..lorsqu’il sentit une main se poser sur son bras.La tête pleine d’étoiles,il ouvrit les yeux et aperçut Amandine qui se penchait pour déchiffrer le titre de son livre.Son regard bleu acier se troubla imperceptiblement dans une sorte de buée légère.
_T’es vraiment éclectique,dis donc ! Mini-jupe gris souris,veste blazer même ton sur un chemisier bordeaux,bas,souliers plats également bordeaux, il pensa qu’elle devait travailler au C.I.V.B. ou à l’Office de Tourisme.
_T’es hôtesse ? demanda-t-il stupidement.
_Non,videuse.Un éclair stria ses prunelles et le bleu acier devint vraiment encore plus métallique,son bras gauche se leva en équerre à hauteur des yeux,ses pieds s’écartèrent sensiblement pour assurer une meilleure assise.Il comprit par cette attitude qu’elle devait pratiquer les arts martiaux et que dans sa fonction mieux valait ne pas se frotter à elle.
-Je pars,veux-tu prendre un demi ? Une fois de plus il fut pris de court.
_D’ac,mais c’est moi qui douille.
_Normal,puisque c’est moi qui t’invite,rétorqua-t-elle en souriant.
Glossaire
Courailler = Courtiser---Draguer
C.I.V.B = Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux
Douiller = Payer
_Vous êtes ensemble ? leur demanda gentiment la caissière.
_Oui,répondit la jeune fille spontanément, mais on en veut deux .
L’employée parut ne pas bien saisir la réflexion,pas plus que lui d’ailleurs et la fille ajouta de façon sibylline:
_Il est préférable de posséder chacun le sien, on ne sait jamais.Voulait-elle parler du bouquin,d’un ange ou du sexe ? Ils sortirent ensemble et furent agressés par le souffle d’un petit vent aigre-doux de fin d’hiver qui s’engouffrait dans l’interminable et étroite rue Sainte-Catherine. Il demanda:
_Je t’offre un pot ?
_J’ai une demi-heure devant moi.C’était sa manière de répondre oui.Devant une “pression” et un chocolat,la conversation fut des plus banale.Il voulait être brillant mais ne réussit qu’à friser la muflerie.
_Comme ça, tu t’intéresses au sexe ?
_Disons plutôt à l’anatomie mâle. Si bavard à l’ordinaire, il ne sut que répondre car pris de court. La demi-heure écoulée, elle se leva, fit un petit signe de la main.
_Ciao !
Quelques jours plus tard il la revit à la Bibliothèque Municipale. Il feuilletait un recueil d’Aragon et balbutiait, paupières baissées et le coeur pincé par l’émotion, une strophe par ci, un quatrain par là:
Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
j’ai vu tous les soleils y venir s’y mirer....
..lorsqu’il sentit une main se poser sur son bras.La tête pleine d’étoiles,il ouvrit les yeux et aperçut Amandine qui se penchait pour déchiffrer le titre de son livre.Son regard bleu acier se troubla imperceptiblement dans une sorte de buée légère.
_T’es vraiment éclectique,dis donc ! Mini-jupe gris souris,veste blazer même ton sur un chemisier bordeaux,bas,souliers plats également bordeaux, il pensa qu’elle devait travailler au C.I.V.B. ou à l’Office de Tourisme.
_T’es hôtesse ? demanda-t-il stupidement.
_Non,videuse.Un éclair stria ses prunelles et le bleu acier devint vraiment encore plus métallique,son bras gauche se leva en équerre à hauteur des yeux,ses pieds s’écartèrent sensiblement pour assurer une meilleure assise.Il comprit par cette attitude qu’elle devait pratiquer les arts martiaux et que dans sa fonction mieux valait ne pas se frotter à elle.
-Je pars,veux-tu prendre un demi ? Une fois de plus il fut pris de court.
_D’ac,mais c’est moi qui douille.
_Normal,puisque c’est moi qui t’invite,rétorqua-t-elle en souriant.
Glossaire
Courailler = Courtiser---Draguer
C.I.V.B = Conseil Interprofessionnel du vin de Bordeaux
Douiller = Payer
mercredi 2 décembre 2009
Qiétude
Viens prés de moi et profitons ensemble
de la douceur du soir.Vois,l'automne est là;
jaunes et rouges habillent le feuillage,
les pommes oubliées se rident
comme petites vieilles,les abeilles
attardées ronflent sur les lauriers.
Regarde le ciel pur mouillé aprés
l'ondée tandis que les noirs moutons
s'effilochent à l'horizon.
Reste à mon côté,appuyée à l'épaule
où ton joli minois est venu se nicher,
serein et transparent,d'une quiétude
folle. Ton corps est au repos,
ton âme va en paix.
de la douceur du soir.Vois,l'automne est là;
jaunes et rouges habillent le feuillage,
les pommes oubliées se rident
comme petites vieilles,les abeilles
attardées ronflent sur les lauriers.
Regarde le ciel pur mouillé aprés
l'ondée tandis que les noirs moutons
s'effilochent à l'horizon.
Reste à mon côté,appuyée à l'épaule
où ton joli minois est venu se nicher,
serein et transparent,d'une quiétude
folle. Ton corps est au repos,
ton âme va en paix.
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