Écoutez-le bruisser, caressant la ramure
par un matin d’été en un bourdonnement,
gémir le soir venu en un bien doux murmure
pour accueillir la nuit par un susurrement.
Écoutez-la couler, musser dans les pâtures
en des glouglous joyeux, en chuchotis riants,
bondir sur les rochers en mille éclaboussures,
en vi-o-lents fracas et en vrombissements.
Écoutez-le gronder pendant sa déchirure
puis tonner sèchement en brefs éclatements,
striant le ciel noirci d’éclatantes zébrures
puis s’éloigner au loin en de sourds grognements.
Écoutez-la mugir à plusieurs encablures
toute grosse soudain houspillée par le vent,
ou clapoter gaiement lorsque dans les voilures
souffle une faible brise en légers frôlements.
Écoutez-le chanter, célébrer la nature
de l’aube au crépuscule avec ravissement,
libre de vivre gai sans aucune clôture,
d’être un saltimbanque dans ses envols grisants.
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