Douleur aux mille masques, qui es-tu donc ?
Je te crois terrassée
et tu te dresses encore;
de tes griffes acérées
tu déchires ma chair
et la jettes en pâture
aux oiseaux charognards.
Tu plantes ton glaive
en mon coeur tout meurtri
et sur la plaie béante
tu saupoudres du soufre.
Sur mes yeux dilatés
tu déploies un bandeau
rouge et noir
comme à l'arène
la cape et le taureau.
Parfois, à mes prières
tu as l'air d'accéder
en reprenant ton souffle
et retenant le mien;
gentiment tu te loves,
pateline et patiente,
faisant trop bien semblant
de m'avoir oublié.
Puis soudain, un sifflement
aigu et déchirant
de marmotte affolée,
de loco emballée,
perfore mes tympans
et transperce mon crâne,
alors qu'un sourd tam-tam
tambourine mes tempes.
Ma tête éclate,
mon corps se tord
et mon regard hagard
fixe l'éclat d'acier
d'une lame froide
au fil bien aiguisé.
Serit-ce enfin la délivrance ??
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