jeudi 23 juillet 2009

Petit enfant

à Simon et à Jules nouveaux venus au club

Le bourgeon de ta fleur,
vierge de tout contact,
annonce le printemps
de ta future vie.
Dans tes yeux si rieurs
agrandis de surprise,
s'allument des étoiles
et des soleils radieux.
De tes lèvres gourmandes
à vouloir tout goûter,
s'irradie un sourire
à l'air un peu coquin.
Par tes quenottes fines
tu voudrais tout croquer;
tu sors déjà tes griffes,
tirant ta langue rose.

Mais...

Ton jeune coeur palpite
au bruissement du vent,
à l'appel de ton nom,
au ruisseau vagabond,
au vol des oies sauvages,
bernaches cacardant
faisant taire tes cris,
au poil soyeux du chat,
à l'insecte égaré,
au papier que l'on froisse,
aux sauts sur les genoux,
aux flammes fascinantes,

au bol de lait sucré,
au papillon léger,
au nuage qui vole
à la goutte de pluie,

aux sourcils qui se fronssent
ou aux deux bras tendus,
au nounours retrouvé,
à la vois apaisante

et au regard mouillé.

Alors...

Ton coeur s'assoupit d'aise
au creux moelleux et chaud
du doux sein maternel,
lorsque le vieux monsieur,
de sable bien lesté,
passe le soir venu
à l'heure du coucher.

Rêve,enfant,
rêve longtemps.


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