mardi 7 avril 2009

Bords de mer

Passons un doux moment appuyés l’un à l’autre tout en joignant nos mains, à regarder au loin la crête des rouleaux qui viennent s’étaler sur la sauvage grève en des chuintements au travers des galets. Les mouettes rieuses planent en de larges circonvolutions, tout en épiant de leurs petits yeux ronds et perçants, le banc argenté des sardines fuyantes tandis que les noirs cormorans, aprés leurs plongées éprouvantes, déploient comme des voiles sur les rochers brûlants, leurs ailes ruisselantes et leurs plumes meurtries.
Le déclin du soleil déchaîne dans l’azur l’ocre et le pourpre, ourlant de festons d’or les nuées immobiles, et saupoudre d’étoiles scintillantes et dansantes les eaux devenues sages en leur doux clapotis. L’air, maintenant léger, transporte des odeurs d’iode et de sel, et le jusant a découvert sable et galets, rochers et coquillages. Les crêtes se sont effilochées sur de modestes vagues. L’astre de feu tombe à la mer, tout rougeoit, tout s’empourpre en une dernière lueur d’or et de sang.
Le jour tire sa révérence dans un silence de cathédrale, avant que le crépuscule n’entoure de son ombre, nos ombres confondues.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire