lundi 16 mars 2009

Où l'on parle d'eaux

Pieds nus ou bien bottés, flexueux comme houle
tous les bassiers cueillaient, s’ébaudissant, heureux,
berniques et vignots et pousse-pieds en foule
sur rochers, en vasard ou terrain sablonneux.


Sur l’arène attiédie de l’estran découvert,
l’empreinte de nos pas entre laisses, marquée,
par la brise de mer et le flux, de concert,
devient trace éphémère en la nuit enlunée.


Sur mouillère poreuse ou sur terrain palustre
bordés de hautes haies piquetées de têtards,
les rigoles drainent depuis déjà des lustres
les eaux vers les fossés où barbotent canards.


Des ponceaux de vieux troncs grossiers et souvent frustes
enjambent sauts-de-loup, faisant le grand écart
vers les palus côtiers où le vignoble frustre
bernacles et halbrans de festins campagnards.


Parmi les joncs à mèche et berces ondulantes,
des chablis tout chancis jonchent le sol humeux,
ou, encroués entre eux dans la brouée tombante
dégouttellent sans fin sous un ciel bas, bruineux.


Des canalicules ensouillés dans la vase
lient de maigres flaches bordées de hauts typhas
dont les massettes drues, à la peluche rase,
couvrent de leur ombre de frêles queues-de-rat.

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