Tout'engourdie encor de son sommeil trop court,
la ville s'éveille bercée par son grand fleuve,
cet éternel amant lui fournissant la preuve
de sa vitalité,de son constant amour.
Semant le branle-bas à tous ses carrefours,
la vie circule et bat dans toutes ses artères
puisant un sang nouveau que l'air frais accélère,
la ville ainsi s'anime à la pointe du jour.
Partant à leur travail l'esprit ensommeillé,
ouvriers et dockers,dont beaucoup sont externes,
empruntent le vieux pont qui éteint ses lanternes
car le ciel rosissant éclaire son pavé.
Les roulis des tonneaux,les cris des charretiers,
les grincements des grues,claquements des voilures,
se mêlent sur les quais au foin et aux injures
des dockers,des grutiers,des pointeaux et douaniers.
Puis les fers des sabots frappent le pavement
d'où fusent des sons clairs escortés d'étincelles,
les mulets et chevaux sous les efforts chancellent
amenant au marché d'énormes chargements.
Cireurs de bottines et crieurs de journaux,
tous de jeunes enfants aux mines chiffonnées,
rameutent les clients toute la matinée
par des criailleries de bandes d'étourneaux.
La flèche Saint-Michel s'illumine à son tour,
baignée dans la douceur de sa pierre dorée,
tandis qu'à Mériadeck bruissant de logorrhée,
s'installent gueil'ferraille et brocante alentour.
Rigoles nettoyées,on balaie les trottoirs,
on dépend les panneaux,on ouvre les boutiques
où vendeuses,commis,attendent les pratiques
en devisant gaiement derrière les comptoirs.
Enfin les quat'saisons,en guise de chapeaux,
du marché des Capus, emportent sur leurs têtes
légumes et poissons,volailles,oeufs,mauviettes,
vers les Cours et Boul'vards, quand s'éveille Bordeaux.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire